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Investir dans l’immobilier en partant de zéro

Investir dans l'immobilier de rapport se fait de trois façons : en direct, loué nu ou meublé, en pierre papier avec des parts de SCPI, ou en détention démembrée. Chacune coûte du temps, de la fiscalité ou de la liquidité. Le choix dépend de votre tranche d'imposition, de votre horizon et de votre envie de gérer.

Le besoin

Vous voulez de l’immobilier autre que votre résidence principale. Les motifs reviennent toujours : un patrimoine tangible, qu’on peut visiter, louer, garder, donner. Un revenu régulier, aujourd’hui ou à la retraite. Et l’idée qu’un crédit permet de construire ce patrimoine sans attendre d’avoir épargné la somme.

Le besoin est légitime, mais la question posée en rendez-vous, « quel investissement immobilier choisir », arrive à l’envers. La réponse dépend de trois éléments qui vous appartiennent.

Le temps que vous êtes prêt à y consacrer. Un logement loué, c’est un locataire à trouver, un bail, des états des lieux, un syndic, des travaux, des impayés possibles. Quelques heures par mois, davantage les mauvaises années. Ce temps est une donnée du calcul, pas un détail.

Votre tranche marginale d’imposition, le taux qui frappe votre dernier euro de revenu. Un loyer de location nue s’ajoute à vos salaires et supporte ce taux, plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Dans la tranche à 41 %, il reste moins de la moitié du loyer net de charges.

Votre horizon. Les frais d’acquisition d’un logement ancien, droits d’enregistrement et émoluments du notaire, représentent de l’ordre de 7 à 8 % du prix. Une revente rapide les transforme en perte sèche. L’immobilier se garde dix ans au moins.

Le temps, l’impôt, la liquidité : chaque façon d’investir dans l’immobilier vous fait payer l’une des trois. Aucune ne vous les épargne toutes.

Les leviers possibles

La détention directe en location nue, d’abord. Vous achetez un logement, vous le louez vide, et les loyers sont des revenus fonciers imposés au barème progressif plus 17,2 % de prélèvements sociaux (service-public.gouv.fr, fiche « Prélèvements sociaux », mise à jour le 30 juin 2026). La formule la plus lisible, et la plus lourde fiscalement. Elle prend son sens quand le logement demande des travaux : les charges qui dépassent les loyers forment un déficit foncier, imputable sur le revenu global jusqu’à 10 700 € par an, et 21 400 € pour certains travaux de rénovation énergétique (/solutions/deficit-foncier/).

Une contrainte pèse désormais sur cette voie. Un logement classé G au DPE, le diagnostic qui classe un logement de A à G selon sa consommation d’énergie, est considéré comme non décent : il ne peut plus être loué pour les baux signés, renouvelés ou reconduits tacitement depuis le 1er janvier 2025. La classe F suit au 1er janvier 2028, la classe E au 1er janvier 2034 (ecologie.gouv.fr, « Location et gel des loyers des passoires énergétiques », 19 décembre 2025 ; loi n° 2021-1104 du 22 août 2021).

La détention directe en location meublée, ensuite. Même logement, autre régime fiscal. Les loyers deviennent des bénéfices industriels et commerciaux, et le régime réel autorise la déduction d’un amortissement, une fraction annuelle du prix du bâtiment et du mobilier. Cette déduction efface souvent l’impôt sur les loyers pendant dix à quinze ans. La contrepartie date de 2025 : pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits augmentent la plus-value imposable, sauf pour certaines résidences gérées (/solutions/lmnp/).

La pierre papier, ensuite. Vous achetez des parts d’une société civile de placement immobilier qui détient des dizaines d’immeubles : bureaux, commerces, entrepôts, cliniques. Une société de gestion agréée par l’Autorité des marchés financiers gère tout et reverse les loyers, en général chaque trimestre. Vous ne gérez rien, et vous le payez deux fois : une commission de souscription de 5 à 12 % selon le guide de l’AMF, comprise dans le prix de la part, et une revente qui peut prendre des mois. Fiscalement, ce sont toujours des revenus fonciers (/solutions/scpi/).

La détention démembrée, enfin. La propriété se coupe en deux : l’usufruit, qui donne droit aux loyers pour une durée fixée, et la nue-propriété, qui donne droit au bien au terme. Le nu-propriétaire achète avec une décote, ne perçoit aucun loyer et ne déclare rien, ni à l’impôt sur le revenu ni à l’impôt sur la fortune immobilière. Au terme, il récupère la pleine propriété sans impôt supplémentaire (article 1133 du code général des impôts). La voie de celui qui n’a pas besoin de revenus aujourd’hui (/transmission/demembrement/).

Reste le crédit, qui n’est pas un quatrième levier mais un mode de financement des trois premiers. Vous achetez avec une somme empruntée, les loyers remboursent une partie de la mensualité, vous complétez par un effort d’épargne. Le mécanisme joue aussi à la baisse : la mensualité est fixe, le loyer ne l’est pas. Nous ne sommes pas courtier en crédit : nous ne cherchons pas votre prêt et nous ne le négocions pas. Nous regardons l’assurance qui couvre l’emprunt, parce qu’elle décide de ce qui arrive au bien et au conjoint en cas de décès ou d’invalidité (/solutions/assurance-emprunteur/).

Comment nous choisissons

Nous ne partons jamais du produit, mais de la monnaie que vous acceptez de payer.

Si vous refusez de payer du temps, la détention directe sort du cadre, quelle que soit sa fiscalité. Restent la pierre papier et la nue-propriété de parts. Si vous acceptez de gérer, la location meublée au régime réel devient souvent l’option la plus efficace sur les loyers, à condition d’intégrer l’impôt de sortie dans le calcul, ce qui n’était pas nécessaire avant 2025.

Si votre tranche marginale est à 11 %, la fiscalité cesse d’être le sujet et l’emplacement redevient le critère qui décide. À 41 % ou 45 %, l’enveloppe fait presque tout : un loyer nu détenu en direct laisse environ la moitié de sa valeur, là où un amortissement en meublé ou une nue-propriété temporaire ne produit aucun revenu imposable pendant des années.

Si vous aurez besoin de la somme dans moins de huit ans, aucune de ces trois voies ne convient.

Nous regardons enfin la place de l’opération dans votre patrimoine. Un premier bien locatif qui en pèse 70 % ne pose pas le même problème qu’une ligne de parts qui en pèse 10 %. Au-delà de 1 300 000 € de patrimoine immobilier net au 1er janvier, l’impôt sur la fortune immobilière s’ajoute, parts de SCPI comprises (service-public.gouv.fr, fiche « IFI », vérifiée le 6 mars 2026).

Un exemple chiffré

Prenons une hypothèse. Un couple imposé dans la tranche à 30 % dispose de 100 000 €. Avec 17,2 % de prélèvements sociaux, un loyer net de charges supporte 47,2 % au total.

Première voie, un appartement acheté 100 000 € frais compris, loué nu 450 € par mois, soit 5 400 € de loyers. Taxe foncière, assurance, charges non récupérables et frais de gestion atteignent 1 600 €. Le revenu foncier net s’établit à 3 800 €, l’impôt et les prélèvements à 1 794 €. Il reste 2 006 € par an, et la gestion du bien.

Deuxième voie, 100 000 € de parts de SCPI, commission de souscription de 10 % comprise dans le prix. Le taux de distribution est de 4,5 % brut, soit 4 500 €. L’impôt et les prélèvements atteignent 2 124 €. Il reste 2 376 € par an, sans aucune gestion, mais la valeur de retrait des parts tombe autour de 90 000 € dès le lendemain de la souscription.

Troisième voie, la nue-propriété temporaire de ces parts sur dix ans, avec une décote de 30 %. Les 100 000 € achètent environ 142 900 € de parts en pleine propriété au terme. Aucun loyer, aucun impôt sur le revenu, aucune déclaration à l’impôt sur la fortune immobilière pendant dix ans.

Simulation indicative, sur la base des règles en vigueur en septembre 2026.

Ces trois lignes ne se classent pas. La première demande du temps, la deuxième de la liquidité, la troisième de la patience. Le simulateur /simulateurs/rentabilite-locative/ refait le premier calcul avec vos chiffres.

Les erreurs fréquentes

Raisonner sur la rentabilité brute. Le loyer annuel divisé par le prix affiché donne un chiffre flatteur qui ignore les frais d’acquisition, la taxe foncière, les charges de copropriété, la vacance, les travaux et l’impôt. Entre une rentabilité brute de 5,4 % et le revenu réellement encaissé, l’écart dépasse souvent la moitié. Nous chiffrons le net, sur dix ans.

Acheter un bien pour son avantage fiscal. Un déficit foncier ne rattrape pas un mauvais emplacement, un amortissement ne rattrape pas un prix trop élevé, une décote ne rattrape pas une SCPI dont les immeubles se vident. Le bien d’abord, le régime fiscal ensuite. Nous voyons des dossiers où trois années d’économie d’impôt ont été effacées par la moins-value à la revente.

Négliger la classe énergétique et les travaux de copropriété. Un logement classé F ou G se négocie moins cher pour une raison : il devra être rénové pour rester louable, au 1er janvier 2028 pour la classe F. Ces travaux et les ravalements votés en assemblée se chiffrent avant de signer, pas au premier appel de fonds.

Sur la table en rendez-vous

Nous commençons par vous : votre tranche marginale d’aujourd’hui et celle des dix prochaines années, vos revenus fonciers existants, votre horizon, votre envie réelle de gérer et votre situation au regard de l’impôt sur la fortune immobilière.

Ensuite le bien, s’il y en a un : emplacement et demande locative constatée, prix au mètre carré comparé aux ventes récentes, loyer atteignable et non loyer espéré, classe énergétique et travaux à prévoir, charges et procès-verbaux des trois dernières assemblées de copropriété.

Puis le mode de détention, chiffré côte à côte : location nue au réel, location meublée au réel, parts de SCPI en pleine propriété, parts en nue-propriété temporaire. Pour chacun, l’impôt annuel sur les loyers, la fiscalité de sortie, les frais d’entrée et le délai de revente.

Si un emprunt finance l’opération, nous regardons l’assurance qui le couvre, la quotité retenue par chaque co-emprunteur, les exclusions et les franchises, puis ce qui se passe pour le survivant et pour le bien si l’un des deux disparaît.

Ce que nous décidons ensemble dépend de ces éléments. Un article ne peut pas le faire à votre place.

Les exemples chiffrés sont des hypothèses génériques. Simulation indicative. Ne constitue pas un conseil en investissement.

À retenir

  • Trois voies mènent à l’immobilier de rapport : la détention directe en location nue ou meublée, la pierre papier avec des parts de SCPI, et la détention démembrée.

  • Chacune se paie dans une monnaie différente : du temps de gestion, de la fiscalité sur les loyers, ou de la liquidité immobilisée pendant dix ans.

  • Le choix dépend de votre tranche marginale, de votre horizon et de votre envie de gérer, jamais du dispositif fiscal mis en avant par un vendeur.

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Questions fréquentes

Vos questions fréquentes

Trois voies s'ouvrent. Des parts de SCPI, accessibles dès quelques centaines d'euros, qui versent des loyers sans gestion. La nue-propriété temporaire de ces mêmes parts, avec une décote, si vous n'avez pas besoin de revenus tout de suite. Ou un apport sur un logement financé à crédit, avec la gestion et les travaux qui vont avec.

Un appartement donne le contrôle, un bien identifié et un accès au crédit plus facile. Il coûte du temps et concentre tout sur un seul locataire. Une SCPI répartit votre argent sur des dizaines d'immeubles et ne demande aucune gestion, en échange de frais d'entrée autour de 10 % et d'une revente parfois longue. La fiscalité des loyers est la même.

En nu, les loyers sont des revenus fonciers imposés au barème plus 17,2 % de prélèvements sociaux, et les travaux peuvent créer un déficit foncier. En meublé au régime réel, l'amortissement efface souvent l'impôt sur les loyers pendant dix à quinze ans, mais il est repris dans la plus-value depuis le 15 février 2025. Le calcul se fait sur dix ans.

Partez du loyer annuel, retirez la taxe foncière, l'assurance, les charges non récupérables, les frais de gestion et une provision de vacance. Divisez par le prix frais d'acquisition compris, jamais par le prix affiché. Appliquez ensuite votre tranche marginale et 17,2 % de prélèvements sociaux. Notre simulateur de rentabilité locative refait ce calcul avec vos chiffres.

Un logement classé G est considéré comme non décent pour les baux signés, renouvelés ou reconduits tacitement depuis le 1er janvier 2025. La classe F basculera au 1er janvier 2028, la classe E au 1er janvier 2034. Les baux en cours signés avant l'échéance restent valables jusqu'à leur renouvellement (ecologie.gouv.fr, 19 décembre 2025).

Yohan Bakaraly, conseiller en gestion de patrimoine, fondateur d'IPATRIM

Yohan Bakaraly

Yohan Bakaraly

Fondateur d’IPATRIM. Conseiller en investissements financiers, membre de la CNCGP. Courtier en assurance. ORIAS n° 25001236. Enseignant en Licence et Master à l’IFCV.

Fondateur d’IPATRIM. Conseiller en investissements financiers, membre de la CNCGP. Courtier en assurance. ORIAS n° 25001236. Enseignant en Licence et Master à l’IFCV.

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