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Trois décisions à prendre avant le 31 décembre

Trois décisions patrimoniales perdent une année entière si elles passent au 1er janvier : le versement sur un PER, la donation qui relance l'horloge des quinze ans, et la facture de travaux qui crée un déficit foncier. Voici les montants à jour et ce que je regarde.

Pourquoi le 31 décembre compte

L’impôt sur le revenu se calcule par année civile. Un versement fait le 30 décembre entre dans l’année en cours. Le même versement fait le 2 janvier attend douze mois de plus.

Pour trois décisions, ce décalage coûte cher : le versement sur un plan d’épargne retraite, la donation à un enfant, et les travaux qui créent un déficit foncier.

Je précise ma position tout de suite. Je n’appelle pas mes clients en décembre pour leur faire souscrire quelque chose. Une décision patrimoniale prise pour échapper à une date est rarement une bonne décision. Mais quand la décision est déjà mûre, la laisser glisser au 1er janvier est une perte sèche.

Ce que le PER permet encore de déduire

Le plan d’épargne retraite, le PER, est une enveloppe dans laquelle les versements se déduisent du revenu imposable, dans une limite.

Pour les versements effectués en 2026, cette limite vaut 10 % de vos revenus professionnels nets de 2025, avec un plancher de 4 710 € et un plafond de 37 680 €. Les plafonds non utilisés des trois années précédentes s’y ajoutent. Le montant dont vous disposez figure sur votre avis d’impôt, à la ligne « plafond épargne retraite ». Source : impots.gouv.fr, consulté le 28 septembre 2026.

Un exemple, présenté comme une hypothèse. Un foyer dont la tranche marginale d’imposition atteint 41 % verse 10 000 € sur un PER avant la fin de l’année. L’impôt de l’année suivante baisse de 4 100 €.

Ce que les campagnes de décembre oublient de dire : ce n’est pas un cadeau, c’est un report. À la sortie, le capital correspondant aux versements déduits est imposé au barème, et les gains subissent leur propre régime.

Ma position tient en une phrase. Le PER n’a d’intérêt que si votre tranche marginale est élevée aujourd’hui et plus basse à la retraite. Pour un foyer imposé à 11 %, le gain est mince et l’argent reste bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage prévus par la loi.

Donner tôt, l’horloge des quinze ans

Chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant sans droits de donation. Le compteur se remet à zéro tous les quinze ans. Pour un petit-enfant, l’abattement est de 31 865 €. Pour un arrière-petit-enfant, 5 310 €.

S’y ajoute le don familial de somme d’argent, 31 865 €, prévu à l’article 790 G du code général des impôts, à condition que le donateur ait moins de 80 ans. Il se cumule avec l’abattement ordinaire. Source : impots.gouv.fr, consulté le 28 septembre 2026.

Un couple avec deux enfants peut donc transmettre 400 000 € sans droits, puis recommencer quinze ans plus tard.

Voilà le vrai sujet. Ce qui compte n’est pas le montant donné cette année, c’est la date à laquelle le compteur démarre. Une donation signée en décembre 2026 rouvre le compteur en décembre 2041. La même donation signée en janvier 2027 le rouvre en janvier 2042. Une année perdue, et elle se répète à chaque génération.

Donner ne veut pas dire se déposséder. La donation de la nue-propriété permet de transmettre la valeur en gardant l’usage du bien et ses revenus. C’est le montage que je vois le plus souvent chez les parents qui hésitent.

Déficit foncier après le plafond majoré

Le plafond doublé à 21 400 €, réservé aux travaux qui font passer un logement d’une étiquette énergétique E, F ou G vers A, B, C ou D, visait les dépenses payées entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025. Il est terminé. Source : BOFiP, BOI-RFPI-BASE-30-20.

Reste le régime de droit commun, inchangé. Quand vos charges déductibles dépassent vos loyers, vous créez un déficit. La part qui ne provient pas des intérêts d’emprunt s’impute sur votre revenu global, dans la limite de 10 700 € par an. Le surplus se reporte pendant dix ans, mais uniquement sur des revenus fonciers.

Une condition est souvent oubliée : le logement doit rester loué jusqu’au 31 décembre de la troisième année qui suit l’imputation. Une vente anticipée entraîne la reprise de l’avantage.

En décembre, ce qui compte est la date de paiement de la facture, pas la date des travaux. Une facture réglée le 28 décembre s’impute sur l’année. La même réglée le 3 janvier s’impute sur la suivante.

Ce que je déconseille en décembre

Souscrire dans l’urgence un produit vendu pour son avantage fiscal, sans avoir lu ce qu’il y a dessous.

Les fonds communs de placement dans l’innovation, le Girardin industriel et certaines opérations immobilières se vendent surtout entre le 15 et le 31 décembre. Ce n’est pas un hasard. La réduction d’impôt est immédiate et visible. Le risque, lui, se révèle deux ou trois ans plus tard, quand les frais cumulés et l’illiquidité apparaissent.

Une règle simple : si vous ne pouvez pas expliquer en deux phrases ce que vous achetez, où va l’argent et quand vous le récupérez, ne signez pas avant le 31 décembre. Signez en février, après l’avoir compris. Vous perdrez une année d’avantage fiscal, vous éviterez peut-être une mauvaise décision de dix ans.

Commencer dès cette semaine

Sortez votre dernier avis d’impôt et regardez deux lignes : votre taux marginal d’imposition et votre plafond épargne retraite disponible. Ces deux chiffres décident de presque tout le reste.

Si vous avez des enfants et un patrimoine qui dépasse les abattements, la question de la donation se pose maintenant, pas à la retraite. Quinze ans passent vite, et le compteur ne démarre qu’une fois la donation signée.

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