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Le FCPI, comment ça marche et pour qui ?
Le FCPI est un fonds agréé par l'AMF, investi à 70 % au moins dans des entreprises innovantes non cotées. Depuis le 21 février 2026, seul le FCPI investi en jeunes entreprises innovantes ouvre encore une réduction d'impôt : 30 % de la part investie dans ces entreprises. Contrepartie : blocage d'une dizaine d'années, frais élevés, perte en capital possible.
Le mécanisme
Le FCPI, fonds commun de placement dans l’innovation, existe depuis 1997. C’est un fonds de capital investissement agréé par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Il place au moins 70 % de son actif dans des entreprises innovantes non cotées, c’est-à-dire absentes de la bourse.
Une entreprise est dite innovante si ses dépenses de recherche atteignent au moins 10 % de ses charges d’exploitation, ou si Bpifrance, la banque publique d’investissement, reconnaît le caractère innovant de ses produits. Ce sont souvent des sociétés jeunes, parfois pas encore rentables.
Vous souscrivez des parts pendant une période de souscription limitée. La société de gestion investit ensuite dans plusieurs entreprises, les accompagne quelques années, puis les revend. Le produit des ventes vous revient au fil de la liquidation du fonds.
Pendant toute la vie du fonds, vous ne pouvez pas obtenir le rachat de vos parts, sauf circonstances exceptionnelles prévues au règlement, comme le décès ou l’invalidité. Cette durée peut aller jusqu’à dix ans selon l’AMF, prorogations en plus. Son étude de janvier 2025 relève une durée de vie médiane de 10,2 ans pour les FIP (fonds d’investissement de proximité) et les FCPI liquidés. Les cinq ans exigés par le fisc ne sont qu’un minimum.
Entre-temps, la société de gestion publie une valeur liquidative : la valeur d’une part, calculée à partir d’une estimation des entreprises détenues. Ce n’est qu’une indication. Le prix obtenu à la revente peut être plus haut ou plus bas.
Reste la réduction d’impôt, qui a fait la réputation du FCPI. Depuis le 21 février 2026, elle ne concerne plus que les FCPI investis en jeunes entreprises innovantes (JEI). Ce statut fiscal est réservé à des PME récentes, de moins de huit ans en principe, engagées dans la recherche ou l’innovation. Son taux est de 30 %. Elle allège le prix d’entrée. Ce n’est pas un rendement, et elle ne protège pas le capital.
Prenons une hypothèse. Un couple verse 10 000 € en 2026 dans un FCPI investi en JEI, sans droits d’entrée pour simplifier. Le fonds s’engage à investir 70 % de son actif dans ces entreprises. La réduction porte sur cette fraction, 7 000 € : 30 % de 7 000 €, soit 2 100 € d’impôt en moins, si l’impôt du couple atteint ce montant. Retenons des frais de 3,2 % par an, le niveau médian mesuré par l’AMF pour les FCPI, calculés sur le montant versé : 320 € par an, 3 200 € sur dix ans. Les frais dépassent déjà la réduction. Au terme, la valeur liquidative a baissé de 30 %, frais compris : le couple récupère 7 000 €. Avec la réduction, il totalise 9 100 € pour 10 000 € versés dix ans plus tôt. Perte : 900 €, avant inflation. La réduction ne couvre une baisse qu’à hauteur de 21 % ; au-delà, l’opération perd de l’argent. Simulation indicative, sur la base des règles en vigueur en septembre 2026.
Pour qui, pour quoi
Trois situations où un FCPI peut trouver sa place, toujours limitée.
Un couple de dirigeants de 50 ans, imposé dans la tranche à 41 %, c’est-à-dire le taux appliqué à ses derniers euros de revenu. Épargne de précaution, assurance-vie et plan d’épargne retraite (PER) sont en place. Il accepte d’immobiliser une petite somme dix ans, et d’en perdre une partie. Un FCPI investi en JEI lui ouvre l’innovation non cotée, avec une réduction qui allège l’entrée.
Une indépendante de 45 ans qui atteint déjà, avec d’autres réductions d’impôt, le plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € par an. La réduction JEI échappe à ce plafond : elle a le sien, 50 000 € de réduction sur 2024 à 2028. C’est pour elle un levier supplémentaire, à condition que le fonds tienne debout sans l’avantage fiscal.
Un ingénieur de 55 ans, longtemps salarié d’entreprises technologiques, qui connaît le cycle des jeunes sociétés : beaucoup échouent, quelques-unes réussissent. Il veut financer ce tissu. Il sait qu’un fonds qui détient plusieurs participations répartit ce risque, sans le supprimer.
À l’inverse, si votre impôt est faible, si l’argent peut vous manquer dans les dix ans, ou si le FCPI devait peser plus qu’une petite fraction de votre patrimoine financier, passez votre tour. Une réduction supérieure à votre impôt ne vous est pas remboursée.
Avantages
La réduction d’impôt : 30 % de la fraction du versement investie en JEI, retirée directement de l’impôt dû. Elle échappe au plafonnement global de 10 000 € par an qui limite la plupart des niches fiscales.
L’accès à l’innovation non cotée : le fonds détient plusieurs participations dans des entreprises que vous ne pourriez pas approcher seul. Une équipe spécialisée les choisit, les accompagne et prépare leur revente.
La diversification : la valeur de ces entreprises ne suit pas les cours de bourse au jour le jour. Une petite poche peut compléter des placements cotés et immobiliers, sans les remplacer.
Un cadre réglementé : le fonds est agréé par l’AMF. Les frais imputés au titre d’un versement ouvrant droit à la réduction sont plafonnés par la réglementation. Vous recevez chaque année le détail des frais que vous supportez.
Inconvénients
Le risque de perte en capital : une jeune entreprise peut disparaître. Selon l’AMF, le taux de rendement interne médian des FCPI vivants fin 2023, c’est-à-dire leur rendement annuel moyen hors avantage fiscal, était de -1,1 %. Les FCPI liquidés affichent des résultats médians majoritairement négatifs (étude de janvier 2025). Les résultats passés ne préjugent pas des résultats futurs.
L’illiquidité : aucun marché pour revendre, aucun rachat pendant la vie du fonds, qui dépasse souvent la durée annoncée. En 2022, l’AMF constatait que cette durée est régulièrement dépassée pour un nombre significatif de fonds.
Les frais : 3,2 % par an en médiane pour les FCPI, contre 2,4 % à 2,7 % pour les fonds communs de placement à risques (FCPR) classiques et les fonds non cotés proposés en assurance-vie (AMF, janvier 2025). Une partie rémunère la commercialisation du fonds. Sur dix ans, ces frais peuvent dépasser la réduction elle-même.
Une réduction sous conditions : elle ne porte que sur la part investie en JEI, après droits d’entrée. Elle est reprise si vous cédez vos parts avant le terme fiscal. Et, pour une souscription réalisée depuis le 21 février 2026, elle vous prive de l’exonération d’impôt sur le revenu des gains à la sortie.
Fiscalité
Cadre en vigueur au 30 septembre 2026. Sources : articles 150-0 A, 163 quinquies B, 199 terdecies-0 A, 199 terdecies-0 A bis et 200-0 A du code général des impôts, dans leur version en vigueur à cette date (loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 22) ; BOFiP BOI-IR-RICI-100, BOI-IR-RICI-100-20 et BOI-IR-RICI-110-10-20 (27 août 2026), BOI-IR-LIQ-20-20-10-10 (21 avril 2026), BOI-RPPM-PVBMI-10-20 (10 avril 2025) ; article D. 214-80-10 du code monétaire et financier (version du 6 décembre 2024) ; service-public.gouv.fr, fiches « Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placements » (vérifiée le 30 juin 2026) et « Plus-values sur valeurs mobilières » (vérifiée le 15 avril 2026).
Ce qui a changé : la réduction de droit commun pour souscription de parts de FCPI était de 18 %. Elle a été portée à 25 % pour les versements du 28 septembre 2025 au 20 février 2026, dans des fonds agréés en 2024 ou 2025. Elle est supprimée pour les souscriptions réalisées à compter du 21 février 2026.
Ce qui reste, le FCPI investi en JEI : une réduction de 30 % des versements. Elle vise les souscriptions réalisées entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2028, en pratique depuis le 28 septembre 2025 (décret n° 2025-973 du 1er octobre 2025). Le versement est retenu après déduction des droits d’entrée, à proportion du quota d’investissement en JEI que le fonds s’engage à atteindre, au moins 70 %.
Plafonds : 75 000 € de versements par an pour une personne seule, 150 000 € pour un couple marié ou pacsé, limites communes avec les souscriptions directes au capital de JEI. L’excédent n’est pas reporté. Sur 2024 à 2028, la réduction totale ne peut dépasser 50 000 €, en cumulant JEI et jeunes entreprises d’innovation de rupture. Elle s’impute sur l’impôt dû et ne donne lieu à aucun remboursement.
Plafonnement global : la réduction JEI est exclue du plafonnement global des niches fiscales, fixé à 10 000 € par an et par foyer (article 200-0 A, 2, b). La réduction accordée pour les FIP Corse et outre-mer y reste soumise.
Conservation : vous vous engagez à garder vos parts jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant la souscription. Vous ne devez pas détenir, avec votre conjoint, vos ascendants et descendants, plus de 10 % des parts du fonds, ni plus de 25 % des droits dans les bénéfices d’une entreprise du portefeuille. Une cession ou un remboursement anticipé entraîne la reprise de toute la réduction. Exceptions : licenciement (une rupture conventionnelle n’en est pas un), invalidité de deuxième ou troisième catégorie, décès du souscripteur, de son conjoint ou partenaire de PACS. Une donation ne remet pas la réduction en cause si le donataire reprend l’engagement.
Sortie : pour une souscription réalisée depuis le 21 février 2026, la réduction exclut l’exonération d’impôt sur le revenu des gains (BOI-IR-RICI-110-10-20, § 250). Les plus-values sont alors imposées comme des plus-values mobilières : prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026, soit 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux, ou barème progressif sur option. Sans réduction, ou pour des parts souscrites avant cette date, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu après cinq ans. Conditions : les distributions reçues pendant ces cinq ans ont été réinvesties dans le fonds, la limite de 25 % a été respectée et le fonds a tenu ses quotas. Les prélèvements sociaux restent dus, 18,6 % en 2026.
Enveloppes : la réduction ne s’applique pas aux parts logées dans un plan d’épargne en actions (PEA), un PER ou un plan d’épargne salariale.
Frais : pour un versement ouvrant droit à la réduction, les frais imputés sont plafonnés. Ils ne peuvent dépasser 30 % du versement sur toute la durée de l’investissement, 12 % sur les trois premières années, puis 3 % par an.
Les erreurs que nous voyons le plus souvent
Souscrire pour la réduction, en décembre. Le fonds est alors choisi sur son avantage fiscal, pas sur son équipe, ses frais ou ce qu’ont rendu les fonds déjà liquidés de la même société de gestion. Une réduction ne compense pas une perte plus grande qu’elle.
Confondre cinq ans et date de sortie. L’engagement fiscal court jusqu’au 31 décembre de la cinquième année. Le fonds, lui, rend l’argent à sa liquidation, souvent dix ans après, parfois davantage. Nous voyons des épargnants compter sur cette somme pour un projet, puis attendre.
Lire 30 % quand la réduction réelle est plus faible. Le taux s’applique au versement net de droits d’entrée, et seulement à la part que le fonds s’engage à investir en JEI. Et depuis le 21 février 2026, prendre la réduction ferme la porte à l’exonération des gains à la sortie.
Ce que nous regardons en rendez-vous
Nous commençons par votre impôt : son montant, les réductions déjà utilisées, votre consommation du plafonnement global et, pour les JEI, la part du plafond de 50 000 € déjà obtenue depuis 2024. Puis votre épargne de précaution, votre horizon et la part de votre patrimoine financier que vous pouvez immobiliser dix ans sans y penser.
Ensuite le fonds, documents en main : le document d’informations clés et le règlement. Nous y lisons le quota en JEI que le fonds s’engage à atteindre, sa durée de vie et ses prorogations possibles, les droits d’entrée et le taux maximal de frais annuels. Nous regardons surtout ce que la même société de gestion a rendu sur ses fonds déjà liquidés, et dans quels délais.
Enfin le choix fiscal, réduction à l’entrée ou exonération des gains à la sortie, puisque les deux ne se cumulent plus pour une souscription réalisée depuis le 21 février 2026. Et le montant : une petite poche, jamais plus. Notre rémunération combine des honoraires pour le conseil et des rétrocommissions sur certains contrats ; notre page consacrée au coût d’un conseiller en gestion de patrimoine la détaille.
Ce que nous décidons ensemble dépend de ces éléments. Un article ne peut pas le faire à votre place.
Les exemples chiffrés sont des hypothèses génériques. Le traitement fiscal dépend de la situation de chacun et peut être modifié par la loi. Simulation indicative. Ne constitue pas un conseil en investissement.
À retenir
Depuis le 21 février 2026, seul un FCPI investi en jeunes entreprises innovantes ouvre droit à une réduction d’impôt : 30 % de la part investie dans ces entreprises, hors plafonnement global de 10 000 €.
La réduction ne protège pas le capital : les frais, 3,2 % par an en médiane selon l’AMF, et une baisse de la valeur des parts peuvent la dépasser. Le risque de perte en capital est réel.
Les parts sont bloquées bien au-delà des cinq ans fiscaux, souvent une dizaine d’années : un FCPI reste une petite poche, jamais plus.
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Questions fréquentes
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Vous achetez des parts d'un fonds agréé par l'AMF, pendant une période de souscription limitée. La société de gestion investit au moins 70 % de l'actif dans des entreprises innovantes non cotées, les accompagne quelques années, puis les revend. Le produit des ventes vous est reversé au fil des cessions, jusqu'à la liquidation. Vos parts sont bloquées pendant toute la vie du fonds, souvent une dizaine d'années, et votre capital n'est pas protégé.
Pour une souscription réalisée depuis le 21 février 2026, seuls les FCPI investis en jeunes entreprises innovantes ouvrent droit à une réduction, de 30 %. Elle porte sur le versement net de droits d'entrée, à proportion de la part que le fonds s'engage à investir dans ces entreprises. La réduction des autres FCPI, 18 % en principe, portée à 25 % du 28 septembre 2025 au 20 février 2026, est supprimée depuis cette date.
Pour le fisc, jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant la souscription, sauf licenciement, invalidité ou décès. En pratique, bien plus longtemps : le fonds ne rachète pas les parts pendant sa durée de vie, qui peut atteindre dix ans, prorogations en plus. L'AMF relève une durée de vie médiane de 10,2 ans pour les FIP et FCPI liquidés. Comptez une dizaine d'années d'immobilisation.
Le FCPI vise des entreprises innovantes, dans toute l'Union européenne. Le FIP, fonds d'investissement de proximité, investit au moins 70 % de son actif dans des PME des régions qu'il a choisies. La réduction FIP a disparu pour les souscriptions réalisées depuis le 16 février 2025, sauf en Corse et outre-mer : 30 %, dans la limite de 12 000 € de versements, 24 000 € pour un couple, comptée dans le plafonnement global de 10 000 €.
La société de gestion décide la dissolution du fonds, avec l'agrément préalable de l'AMF, parfois après une phase facultative de pré-liquidation où elle prépare les ventes. Elle cède les dernières participations et vous reverse le produit, en une ou plusieurs distributions. Vous récupérez ce que valent réellement les entreprises, pas votre mise. En 2022, l'AMF constatait que la durée de vie affichée est régulièrement dépassée pour un nombre significatif de fonds.

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